Canada 2001 : The travel bug

07/02/10

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cabane canada Canada 2001 : The travel bug

vue falaise Canada 2001 : The travel bug

moi woo hee Canada 2001 : The travel bug

Woo-hee et moi

Le 11 septembre n’avait pas eu lieu (c’était en août 2001), j’avais tout juste 18 ans et 1 mois. Ma vie était douce et tranquille. Je vivais dans ma petite bulle rose. J’ignorais que j’étais sur le point de  faire le voyage qui allait totalement me changer…

photos canada Canada 2001 : The travel bug

Un voyage qui change votre vie cela s’appelle en anglais : the travel bug. Le voyage qui change tout… Chamboulée, émerveillée, perdue, c’est une petite partie de votre être qui meurt. On a coutume de dire que les petits occidentaux vont mourir en Inde… Le choc culturel est tellement fort que vous ne revenez jamais le même. Moi je suis un peu morte au Canada… (che-lou hein ?!) Je me suis catapultée dans les Provinces Maritimes, terre de pêcheurs, paysages de falaises époustouflants, hospitalité canadienne avec un grand H. (What ?!!). Oui, les Provinces Maritimes…

lile du prince edward Canada 2001 : The travel bug

Moi devant un quartier pavillonnaire de CharlotteTown

Petite leçon de géographie. Cette contrée super méga ultra archi giga méconnue du Canada (en tous cas en France) est composée de trois provinces, la Nouvelle Ecosse, le Nouveau Brunswick et L’île du Prince Edouard. Ces provinces figuraient dans une brochure qui faisait la promotion de coins magnifiques (ou pas) que les gens rechignaient à visiter avec le Pakistan, le Groenland, le Tadjikistan, la Croatie (avant que ce soit hype), l’Ethiopie. Mais qu’est ce qu’une contrée du Canada foutait dans cette assemblée de destinations finales ?

Ni une ni deux, j’ai pris un billet pour Moncton (Nouveau Brunswick). Petite précision aux canadiens qui me lisent… Je n’ai pas écrit en début d’article que c’était l’époque pré-11 septembre pour faire joli. Avant l’effondrement des tours,  la compagnie aérienne Canada 3000 était bien vivante et faisait des liaisons de folies entre Paris et le Canada. (genre vers des aéroports de villes petites comme Beauvais). Ainsi commence mon périple à travers l’Est canadien (totalement anglophone s’il vous plaît).

fontaine eau Canada 2001 : The travel bug

Le parc d’Alma

Un périple qui débute par une rencontre avec Wendy, Brian, John et Gavin un petit californien apprenti viticulteur de la région de Napa, tous gays et gais de leur état. Ils m’ont fait découvrir les nights caliente des petits patelins canadiens. De  rave party en rave party, d’un concert des fun lovin’ criminals à l’Université de Moncton à un happening dans un appartement de 200 m2 en centre ville chez un inconnu en passant par une boîte gay où le D.J ne passait que du NSYNC, j’ai découvert un gentil monde qui trompait l’ennui dans de la party cheap non-stop. A 4 heures du matin réfugiés dans un café Tim Hortons, tout le monde étaient défoncés et je découvrais le café au réglisse, un truc immonde surement interdit de vente depuis. Brian vomissait et John interloqué criait en inspectant le vomis : “Et je vois que t’as mangé de la salade, c’est bien chéri”. De retour à Alma, Brian roulait une pelle à Wendy en pensant que c’était son mec. “Oh, c’est pas grave de toute façon tu embrasses aussi mal que lui”. John était pas content. 5 jours plus tard, il était venu le temps de se séparer. Wendy a essayé de coucher avec moi le dernier soir, mais Wendy ne me plaisait pas, elle avait 50 kilos de trop. (j’étais superficielle et difficile à l’époque).

photo67 Canada 2001 : The travel bug

Gavin le joli petit californien et Wendy la rouquine pas farouche

rue ils du prince edward Canada 2001 : The travel bug

Les rues de Charlotte Town

Ont suivi d’autres très belles rencontres à Halifax : Woo-hee, une étudiante en journalisme et pigiste au Globe and Mail, issue de la bourgeoisie de Corée du sud, reniée par son père et anorexique en phase de guérison (cette jeune femme pleine de courage m’a donné le goût de raconter des histoires). Une belle et jeune allemande millionnaire atteinte du mal du pays qui voulait m’acheter plein de trucs toutes les nano secondes. “T’en es sûre que tu ne veux rien, parce que moi j’ai plein d’argent”, me disait-elle tout le temps. Un jeune afro-américain venu de Détroit pour aider les jeunes canadiens immigrés (ou pas) défavorisés. Un bûcheron roux comme un irlandais à la prestance phénoménale. Il était LA rencontre de ce voyage.

Il était issu d’une famille canadienne très pauvre, il n’avait  fait aucune études, il était beau, charismatique, musclé, généreux (il m’avait cuisiné des pâtes à la bolognaise). Je buvais ses paroles pleines de lucidités sur le monde qui l’entourait, cet homme avait indubitablement un Q.I supérieur à la moyenne. Epoustouflée et gênée, je lui demandais comment était-il devenu bûcheron. “Tu sais au Canada et aux Etats-Unis, quand tu es blanc et pauvre, tu es vraiment dans la merde. Car le gouvernement aide les minorités ethniques pauvres, pas les blancs… Quand tu es blanc tu n’as pas le droit d’être pauvre”. Il vivait donc de petits boulots. Son travail essentiellement physique lui laissait beaucoup de temps de cerveau disponible pour se nourrir de connaissances et penser par lui-même. Il ne voulait pas mettre au profit d’une mauvaise cause (une multinationale ?) son bien précieux, son esprit, son intelligence… Mais je sentais dans ses yeux qu’il aspirait à une vie meilleure… Le lendemain matin à 8 heures, la veille de mon départ, il était déjà parti. Il avait promis de m’emmener à l’aéroport. Il n’est jamais revenu. Des fois j’aime à penser que c’était une apparition divine.

sue Canada 2001 : The travel bug

Sue la gérante de l’auberge de jeunesse d’Alma

La roue de la moralité : Depuis ce voyage je n’ai cessé d’avoir la bougeotte.

P.S : je suis partie seule avec mon sac à dos et mon bagage à main en me laissant porter par mon instinct et les propositions de co-voiturages… Mais j’ai dû aussi faire du stop sous 40° à l’ombre pour regagner Moncton et ça c’est moins cool.

P.S 2 : les photos sont vieilles et usées…

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Dans les épisodes précédents de Ugly Sally...

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§ 8 Responses to “Canada 2001 : The travel bug”

  • Miss VIAN says:

    Je suis Québécoise et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton histoire! Je suis jamais allée dans les provinces de l’Est, ça donne envie d’y aller.

  • Sarah says:

    Mais c’est génial ! Tu es juste partie toute seule, dans une auberge et là bas tu as rencontré ces gens ? Sans aucune organisation ?

  • yann says:

    dis nous tout , comment , combien , etc … et cette fameuse histoire d’auto stop :!!!!!! dis nous tout

  • admin says:

    il y’aurait trop de choses à raconter, j’ai usé 1 tiers de mon carnet de voyage avec mes périples… Mon voyage a quand même duré 1 mois ! Je suis revenue le 3 septembre la veille de la rentrée scolaire, je suis arrivée en cours complètement jet-lagged. Faudrait que je raconte comment je me suis retrouvée sans argent, sans chambre d’hôtel, sans mon gros bagage à Halifax et comment une étudiante m’a passé sa chambre étudiante de 9m 2. Commet j’avais tellement faim que j’ai pris tous les muffins de la restauration de sa fac 20 en tout… (la loose). Comment j’ai reçu le western union de ma soeur le lendemain et que j’étais super soulagée…
    Comment la gérante de l’auberge de jeunesse de Wentworth me harcelait avec son gateau au chocolat ultra gras de chez Wall Mart à 3 heures du mat’ (un prétexte pour raconter sa vie au milieu de la night). Comment j’ai râté le bus pour Moncton, et que j’ai dû faire de l’auto stop pour pouvoir attraper mon avion pour revenir à Paris. (et j’ai même pas pleurer sur la route). C’est ce qu’on appelle avoir la baraka…
    Comment on s’est retrouvé dans la voiture de Brian alors qu’il avait bu comme un trou. Comment un New Yorkais a frappé à ma porte à 8 heures du matin 4 jours avant mon départ et à essayé de m’emmener avec lui aux USA. On est pas allé plus loin que l’Ile du Prince Edward. Comment l’auberge de jeunesse de Charlotte town était tellement crade, gérée par des cons et des haineux que tous ceux qui réservaient 3 nuits ou 2 la bas se faisaient remboursés et se cassaient sur l’île du cape breton….

    Comment l’île du Cape Breton est le plus bel endroit sur terre.

    Voila tous ca pour la modique somme de 350 euros le billet aller-retour et juste 700 euros pour tenir un mois ! (d’ou le western union urgent !)

    Regardant l’état de notre société actuelle, et les relations humaines qui se dégradent, je sais que je ne revivrais jamais plus ça et je me sens chanceuse de l’avoir vécu…

  • yann says:

    ouaaahhh putain , jai envie de prendre un siege dans un starbucks de commander et de rester a tecouter , hé mais cest trop un truc de ouf !!!!

  • Gauloise Blonde says:

    je hais les voyages (et les explorateurs) mais quand même, c’est beaucoup mieux je trouve, super bien d’être partie comme ça pour une rencontre dans un autre univers mais du monde occidental, riche, et pas de partir “faire” la thaïlande ou le maroc et de revenir avec pleins de photos et des pseudos révélations.
    ps:any travel should be a bug!

  • Sarah says:

    Merci de vous avoir raconté parce-qu’on rêve un peu tous de partir. Et si je peux me permettre je ne crois pas qu’aujourd’hui la chaleur humaine ait disparue. Je suis sûre qu’aujourd’hui on peut toujours voyager et faire de merveilleuses rencontres avec des gens accueillants. Y a qu’à voir l’émission d’Antoine de Maximy “J’irai dormir chez vous …”.

  • admin says:

    Les voyages “folkloriques” où on part à la découverte des bêtes curieuse pas occidentales pas accro à ses mails et revenir “zarma” grandi et moins matérialistes. Ce genre de pseudo révélation très peu pour moi, j’ai pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour savoir que l’essentiel est invisible à l’oeil

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C'est tout simplement un de mes articles intitulé sobrement Canada 2001 : The travel bug par Ugly Sally.

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