Ugly Sally achète de la littérature érotique
Lu consciencieusement 1180 fois, 1 ce jour-ciIl fait beau, c’est l’été, c’est la saison des rencontres, des baisers et roulages de pelles en tout genre. En gros, la saison de l’enfer pour la célib’ un peu momoche. Heureusement pour pallier à ce manque évident d’échanges de flux bucaux avec un éventuel partenaire, j’ai décidé de m’approvisionner en littérature polissone. Non, pas les arlequins, (le meilleur ami de la nonne) mais plutôt de vrais romans érotiques, un peu crus, bien foutus, avec une écriture imagée. Vous avez le topo.
Dit comme cela, l’achat d’un bouquin érotique semble simple. Mais détrompes-toi cher lecteur. Dans mon cas c’est très compliqué. Des années d’éducation religieuse et de morale m’interdisent d’acheter ce genre de bouquins. Mais aujourd’hui je décide de braver les interdits. Devant la FNAC de Vélizy je me sens un peu beaucoup bête. Tant pis je suis déjà là. Deuxième étape du périple : aller dans le rayon de littérature érotique, m’y balader, ouvrir quelques bouquins et enfin affronter le regard de la caissière. Autrement dit c’est ze impossibeule Micheune. La honte, la culpabilité, la peur de passer pour une perverse m’empêche de m’aventurer plus loin que le rayon “auteurs de théâtre mort et enterré avant la première guerre mondiale et devenus célèbre que depuis les années 70″.
Allez ! j’y vais quand même ! Je me lance, je fonce comme une fusée sur le premier bouquin, je fais semblant de le feuilleter. En fait je regarde si une certaine connaissance ne se baladerait pas dans le couloir de la FNAC. Mes yeux s’écartent, comme ceux de Jean Roucas d’un camaléon. Il faut que je surveille les allées et venues et en même temps que je lise les 4e de couv. Une ancienne pote de lycée débarque de nulle part. Heureusement je l’ai repérée. Je me baisse et me cache derrière les étalages, puis hop, un pas-chassé de lémurien, puis hop une pirouette et petit saut pour se cacher derrière la tête de gondole à 2 mètres. Sans me rendre compte je viens d’exécuter une chorégraphie digne du ballet Casse-Noisette.
J’attrape un bouquin au hasard, “la vie d’une libertine”, je cours vers la caisse, je ne regarde même pas la caissière. A l’arrêt de bus j’aperçois une ex-collègue d’Auchan, je décide de rentrer chez moi à pied (1 kilomètre de marche à 30° à l’ombre).
Je rentre chez moi, prête à dévorer mon bouquin plein de sheitaneries*, avec 1kg d’eau en moins.
Morale de l’histoire : L’achat de littérature érotique c’est comme participer à Fort Boyard.
*Sheitaneries : des trucs pas biens orchéstrés par Sheitan lui-même.



