La playlist “dossier”
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Comme le titre l’indique, je vais aujourd’hui parler de la playlist de la honte. Autrement dit, la playlist de la shame. Et en parlant de shame, la fameuse chanson d’Ophélie Winter “shame on you” n’y figure t-elle pas dans cette fameuse playlist “dossier” ? Oui, tu l’as bien compris lecteur, nous allons démasquer tes goûts musicaux les plus douteux, ceux que tu pensais emporter dans ta tombe, ceux que tu ne pensais jamais révéler au monde, même sous la torture Abou Ghraibienne.
Mais qui ont été pourtant démasqués bêtement par Le “prêtage**” de clé USB, et “le fouillage de PC”. Explications…
Ce genre de musique que tu dissimules comme si tu cachais une bibliothèque de porno vintage, menace à tout moment de faire voler en éclat ta réputation de mélomane avertie que tu t’es forgée après les années BoysBand. “Aujourd’hui, moi j’écoute Dvorjak, Debussy, Ella Fitzgerlad... Tu connais pas Dvorjak ?! La symphonie du nouveau monde, ça te dit rien du con ?!“. Ca, c’était moi il y a 2 ans. Je parle au passé parce que maintenant je me la pète beaucoup moins… Pourquoi ? Parce qu’il y a 2 ans, un collègue journaliste spécialisé dans la culture m’a calmé, mais bien quoi…
Alors que les jours précédents je lui faisais de belles tirades dans lesquelles je lui expliquais Gershwin, le jazz et Porgy & Bess, il m’a démasqué honteusement en m’empruntant sans crier gare ma clé USB. Ce fut un grand moment terrible de solitude qui doit s’apparenter à l’enfer selon Sartre*. Car en effet, il ne s’est pas gêné pour faire profiter tout l’open space de mes dérives musicales non-identifiables (Merci Damien). Allez, je vous révèle ce qu’il y a dans ma playlist de la honte pour se déconstiper un bon coup.
1/ Tina Arena - Aimer jusqu’à l’impossible
2/ Moi je m’appelle Lolita - ET PAS LA VERSION HYPE DE JULIEN DORE !
3/ Miley Cirus - Party in the USA
4/ Thalia - Amor a la Mejicana
5/ Jennifer Lopez - Waiting for tonight
6/ Nightcrawlers - Let’s push it
Et j’en passe et des meilleures…
Voyez, ces musiques c’est un peu comme des pâtes trop cuites. Elles se mutent en gâteaux de pâtes. Par conséquent elles ne sont pas faites pour être appréciées mais pour caler un bide. Or, l’art n’est pas utile, il est nécessaire. Sauf que ces chansons, ELLES SONT utiles (donc pas de l’art ?). Tu suis lecteur ? Elles servent à donner la pêche. Elles remplacent l’intra-veineuse de juvamine, (Si juva bien c’est Juvamine !!!), en cas de rupture de stock.
Autre anecdote. L’autre jour j’ai été démasquée par Soxna sur Msn à cause de la fonction : “montre la musique que t’écoutes en live aux autres gens en ligne”. J’oublie tout le temps de la désactiver cette merde. Et cette fois là, ça n’a pas loupé ! J’ai diffusé THE SONG qui tue : Emile et images “les démons de minuit”. Soxna m’alerte. “heuuu t’écoutes Emile et images ?”. Et là, j’avais envie de dire que Dieu s’était manifesté, que c’était une intervention divine, que le seigneur himself s’était penché sur mon PC Lenovo pour mettre Emile et images. Mais ça faisait pas crédible, alors j’ai assumé.
La roue de la moralité : in-té-GRI-té ! in-té-GRI-té ! in-té-gri-té ! (Je me la joue Ségolène Royale)…
** Mot qui n’existe guère dans la langue française
* Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans.
par Jean-Paul Sartre
Extrait du CD « Huis clos » Emen © 1964 et Gallimard © 2004.




