Ain’t talking about me - Part 1 - La dignité de la femme noire

Lu consciencieusement 4389 fois, 3 ce jour-ci

Lorsque j’avais 14 ans, c’est à dire le millénaire dernier, je pouvais danser et m’éclater sur n’importe quelle chanson. Et même (surtout) celles dont les paroles semblaient écrites par un môme accro au dessin animé Pingu.  D’ailleurs ma soeur et moi, on était dingue d’une chanson qui s’appelait “chevaucher une météorite”. Les paroles c’était un peu ça : “Je veux t’emmener tout en haut, moi flotter dans l’air, je t’emmène pour un tour, un tour sur une météorite”. Rimbaud aurait-il pu faire mieux ? J’en doute…

 Aint talking about me   Part 1   La dignité de la femme noire

Moi, dans des charentaises imitation peau de zèbre, c’est autre chose que la sexy bitch des clips r’n'b…

Après la vague de clips genre Corona se dandine devant le ménage enchanté et Dr Alban survolté en bermuda emmaüs, il y a eu la vague Gangsta Rap, tout droit venue de Los Angeles, avec des clips mettant en scène de méchants re-nois comme Tupac, Snoop et Dr Dre. MTV a donc troqué les clips criards de dance,


Contre des clips plus osés et des paroles plus franches. J’ai aussi complètement adhéré.  Et même lorsque j’ai commencé à comprendre l’anglais j’ai continué  à danser sur des chansons qui disaient “quand tu te déshabilles et tu me montres ton gros cul de négresse, bitch”. Cela me passait complètement au dessus de la touffe crépue. Pourtant un jour, je me suis offusquée en disant : “Ces femmes à demi-nues en train de mimer au ralenti la dégustation d’une sucette maxi -size font du tort à l’image de la femme, non ?” Et puis mes amies m’ont vite remises en place : “Mais c’est pas toi sur la vidéo ! tu t’en fous ! Ce n’est pas toi qui est en train d’agiter ta peau d’orange au bord d’une piscine !”. Oui, soit, sauf qu’après cet épisode de clips gangsta rap à prendre au 2e degrés, il y a eu le groupe “dangereux, armés et redoutables” et leur clip mettant en scène une femme noire à quatre pattes tenue en laisse. Alors, j’ai beau me dire que ce n’est pas moi. Que cette femme humiliée & moi n’avons rien en commun. Je ne peux m’empêcher de dire que c’est une dégradation de l’image de la femme noire.

Et pourtant, mes amis ont raison, ce n’est pas moi. Et tout cela ne me concerne pas…

La roue de la moralité : L’occidental en général n’a pas une image de la femme noire flatteuse. Mais franchement, les femmes noires ont autre chose à faire que de prouver à tout prix à l’occidental, qu’elle est digne, forte et indépendante.

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Dans les épisodes précédents de Ugly Sally...

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