Ugly Sally chez le photographe
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Aujourd’hui je triche. Je vais vous raconter une histoire qui date de plusieurs années. De 6 ans précisément. 6 ans.. c’est l’âge exact de la photo ci-dessus. A l’époque j’avais 19 ans, et des grumeaux plein le visage et j’en étais à mon 49e régime dissocié. Je n’étais plus une petite fille mais pas encore une femme (la phrase est de Britney Spears pas de moi). Je me prenais pas mal de râteaux de la part de la gente masculine. (benh ouais… j’avais pas froid aux seins, j’avais le culot de demander aux mecs de sortir avec moi…) Je venais d’entrer à l’université, et dès les premiers jours j’ai été déçue par les cours et par les autres étudiants superficiels presque tous sortis du Lycée Henri IV (j’étais dans un DEUG sélectif). Peu intéressés par ce qui les entoure (le dawa total), ils m’ennuyaient. En me relisant j’ai l’impression de vous dresser le portrait d’une petite chose abîmée par la vie. Mais ce n’est pas ça du tout.
En écrivant ce post, j’ai envie de m’adresser à la jeune femme qui est encore en quête d’identité. Je veux m’adresser à la jeune femme qui recherche le regard attendrissant d’un homme et qui ne trouve que du mépris. J’ai envie de m’adresser à la jeune femme qui est mal dans ses 70 kilos… Je connaissais ça. Et bien tu sais quoi petite soeur, j’ai essayé pas mal de moyens pour remédier à cette image négative de ma personne. Rien n’a été plus efficace pour moi qu’une séance photo. (je me paye pas ta tête).
En 2003, J’ai réuni quelques pesos durement gagnés derrière une caisse enregistreuse de Monoprix et j’ai contacté un photographe pro. Je tairais son nom parce que je ne tiens pas à lui faire de la pub, même s’il a fait du bon boulot. Sachez tout d’abord qu’à l’époque j’avais des cheveux mi-longs que j’arborais en queue de cheval et j’étais plus mince qu’aujourd’hui (j’étais dans ma période une salade-tomate par jour).
Au début de la séance, le comportement du photographe envers moi n’a pas arrangé les choses. Il a été sec et assez vindicatif. Il trouvait mon épaisse écharpe, mon col roulé en laine et angora inesthétiques. J’étais pudique comme un chat à l’époque. Le photographe a perdu patience et m’a pris en photo en écharpe et col roulé passablement irrité.
J’ai gardé néanmoins un super souvenir de cette séance. J’ai été maquillée, bichonnée, j’ai posé comme une mannequin (LOL). J’ai rigolé. Le meilleur moment fut quand je reçus les photos en noir et blanc (du coup on ne voit pas les boutons). Je ne me suis pas reconnue ! J’ai eu du mal accepter que cette jolie fille sur le cliché c’était moi. J’étais mignonne sur papier glacé. Je me rapprochais un peu d’un idéal de beauté. Mais voilà… Mon vrai moi où était-il dans tous ça ? Au delà du “moi superficiel” représenté par l’apparence physique. Je l’ai cherché ce “moi”. Aujourd’hui, à 26 ans, mon vrai moi est ronde, se rêve artiste, rigole comme un hyène, ne se peigne pas tous les jours les cheveux, bouffe 300 g de roquefort par jour et s’en fout de plaire ou pas. Je ne suis pas une pâle copie d’une autre. Et j’aime ça…
The most important relationship is the relationship you have with yourself, because no matter what you do you will always be with yourself… Diane Von Furstenberg.
Ce billet n’a été sponsorisé ni par Oprah, ni par Dr Phil ni par la productrice d’une nouvelle version de “c’est mon choix”.




