Qu’est-ce que la prostitution intellectuelle ?
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Prostitution ne rime pas toujours avec trottoir, maquereau habillé comme Snoop Doggy Dog, grave détresse financière et chaussures compensées fuchsia. Il existe une forme de prostitution encore plus grave. Laquelle ? Me direz vous…
Réfléchissez un peu. Allez, je vous aide avec quelques exemples… Le personnage de Nana dans le film “vivre sa vie” de Godard, donnait son corps contre de l’argent, parce qu’elle était dans le besoin, il fallait se nourrir et se loger. Nana vendait sa chair, pas son esprit. Son envie de liberté et d’amour, son esprit restait intact. Seul son enveloppe corporelle était compromise dans son “exercice”.
Maintenant je vais prendre l’exemple du frère de Holden dans “l’Attrape coeur” de J.D Salinger. Un jeune scénariste intelligent et talentueux happé par la machine hollywoodienne. Ce garçon accepte de se plier aux règles californiennes du cinéma pour un jour se faire une place au soleil. Il renie donc ces ambitions artistiques et fait exactement ce qu’on lui demande… de la daube commerciale. Il se laisse ainsi emporter dans ce cercle vicieux de frustration créative, course à la gloire et à l’argent facile. C’est précisément cela que j’appelle de la prostitution.
Beaucoup d’acteurs l’ont fait et de chanteurs aussi. Presque tous, ont tourné des films grand public sans aucune valeur artistique mais qui leur garantissait d’avoir leur face placardée partout : abris bus, murs d’immeubles, écrans de Picadilly Circus et Time Square, bricks de lait et autres paquets de corn flakes. Qu’est ce que certains ne feraient pas pour se vendre et devenir un produit de conso mondial !
Je me souviens de Robbie Williams, qui, dans sa tentative désespérée de se faire connaître outre-Atlantique s’était ridiculisé dans plusieurs émissions américaines. Il essayait tant bien que mal de se faire “accepter” en vain… Et l’aventure de Robbie Williams n’est qu’un exemple. Du côté des chanteuses on peut citer Jewel et son revirement de carrière très sexy tout comme Nelly Furtado.
Au cinéma, on pourrait citer Jake Gyllenhaal dans “Le jour d’après”, Ben Affleck dans “Gigli”. La prostitution cinématographique et musicale touche toutes les stars. Et cette façon de faire les trottoirs je la trouve encore plus compromettante. Petite note : je suis sûre que Jim Carrey n’a pas eu d’oscar pour The Truman Show à cause de toutes les merdes filmiques qu’il avait fait avant.
Voyez ? Faire de la daube ça se retourne toujours contre nous. On prend les spectateurs pour des cons après c’est l’industrie qui nous prend pour des “te-bê”.
Autre exemple : un présentateur drôle et talentueux, un brin irrévérencieux, anime une émission sur le câble. Repéré par le patron d’une chaîne hertzienne, celui-ci se voit confier une chronique sur la dite chaîne. On lui pose tout de même des conditions : pas de blagues douteuses, pas de critiques politiques. En clair on lui demande de s’auto-censurer. Du coup ses chroniques ressemblent de plus en plus à un truc sans relief dont la platitude rivalise avec les plaines de Hollande. Il fait donc le mariolle certes sur une chaîne grand public, mais il n’est ni drôle ni incisif. Bilan des courses, tous les gens qui le regardaient auparavant sont déçus. Tous ceux qui ne l’ont jamais vu déteste ce mec pas drôle. En deux mot, il s’est grillé… Ah non ça fait trois…
Moralité : qu’importe l’argent, les portes qui s’ouvrent sur des chemins dorées, ne jamais se prostituer est essentiel. Insulter son art ( que ce soit la musique ou le cinéma ou autres ) et renier son talent pour accéder à la célébrité est bien des choses les plus graves qu’on puisse faire… pour soi même. Pourquoi ? Personne ne vous prend au sérieux.
C’est le cas de toutes les chanteuses, y compris Madonna, qui se sont exhibées en petites culottes en cuir pour faciliter la vente d’album et qui maintenant veulent nous chanter du “Imagine” de Lennon. Nous, on leur dit : “Retourne à tes strings-menottes et laisse les vrais artistes chanter la paix dans le monde”.




