Nous étions libres…
Lu consciencieusement 2187 fois, 1 ce jour-ciJe regardais récemment un reportage sur Arte. Il faisait parti de la programmation “Thema” de la chaîne franco-allemande. Le thème de la soirée était “avoir 20 ans sous une dictature”. Bizarrement, l’annonce de ce reportage la veille, m’avait attiré, moi, la jeune femme qui vit dans le temple de la démocratie ou règne dans mes rêves la liberté, la fraternité et l’égalité… La liberté justement, cette notion abstraite et complètement immatérielle. La liberté, c’est bien une notion sur laquelle des philosophes ont travaillé toute leur vie et que la société de consommation a transformé en pouvoir d’achat et en dépendance au confort. Liberté où es-tu ? Liberté où te caches-tu ? Liberté où vis-tu ? En occident, en Asie, Afrique ? Comme dirait l’un des personnages de la pièce de théâtre, Angels in America, “La note freedom dans l’hymne national américain est placée sur note si haute que personne ne peut l’atteindre…
crédit photo : © Sylvain Cherkaoui
Vraiment… Je reviens au reportage de la chaîne Arte. Un documentaire qui suivait des jeunes biélorusses dans leur quête de libération nationale dans un pays complètement sous la coupe de la Russie. Un pays où les jeunes ne peuvent brandir fièrement leur drapeau et se dire qu’ils sont fières d’être biélorusse de peur d’être embarqués par la police… biélorusse ! Un non-sens et une injustice que ces jeunes bravent tous les jours en entonnant des chansons patriotiques lors d’immenses concerts. Ils sont là, tous rassemblés, heureux, chantant, dansant, unis. Quand ai-je vu cette même image en France ? En mai 2002, lorsque Jean Marie Le Pen est arrivé au 2e tour. J’ai vu une France unie. Une France qui oubliait ses préoccupations habituelles, débarrassées de ses obligations matérielles est superficielles. Car au fond ce qui est important ce n’est pas d’updater son Facebook ou d’économiser de l’argent pour s’acheter je ne sais quel breloque, avec un crédit à la banque. L’important est de se battre tous les jours pour ce qui nous est fondamentale, notre liberté. En ce sens, ces jeunes biélorusses qui vivent en dictature sont bien plus libres que nous… contrôlés, euphorisés à coups d’alcool et de drogue pour ressentir les choses et tromper l’ennui, le jeune occidental est baillonné mentalement, il ne choisit rien, ne contrôle rien. Plus aucune valeur bafouée ne fait se soulever, s’indigner… On est blazé… Et pourtant il y aurait matière à râler… Comme le dit si bien les écritures qui ornent la statue de la liberté : “Give me your tired, your poor,Your huddled masses yearning to breathe free”. Moi je dis : “donne-moi ton stagiaire fatigué, ton jeune RMiste, cette masse désabusée qui a nez le bouché et ne peut sentir le doux parfum de la liberté.
crédit photo : © Sylvain Cherkaoui
Mais ce jour de mai 2002, ce jour là, autour de milliers de personnes sur la place de la République. Ce jour mémorable où on a frôlé le pire… J’ai enfin compris cette phrase de Sartre… “Nous n’étions jamais aussi libre que sous l’occupation”.






